L'Ogresse de Paris

lundi 25 août 2014

La citation du jour: Boileau

"Que faire? Il faut partir: les matelots sont prêts."

VIIIe Satire

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lundi 18 août 2014

Charlotte Picant/Portrait

 

Bonjour Charlotte, ravie de te retrouver et de te présenter aux lecteurs du blog.  Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots?


    Je m'appelle Charlotte Picant, j'ai 30 ans et j'ai grandi à Paris. Je fais de la photo depuis presque 4 ans, en autodidacte. Depuis 2 ans, je me consacre surtout au portrait, en argentique mais je prends aussi beaucoup de photos avec Instagram.


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 Je t'ai rencontrée en 2012. Tu avais un projet en tête. Tu voulais prendre Paris en photographie à travers les yeux de ses habitants, en leur demandant de choisir leur endroit préféré de la ville pour le shooting. J'avais choisi le jardin du Quai Branly d'ailleurs pour une séance de croquis. Qu'est devenu ce travail? A-t-il été fructueux? As-tu rencontré au contraire des difficultés?


    A l'époque, je n'étais à Paris que pour quelques semaines car j'habitais San Francisco. Après mon séjour en France qui m'a beaucoup inspiré et m'a donné envie de me lancer dans les portraits, je suis retournée aux Etats-Unis avec cette volonté d'approfondir et j'ai donc photographié des dizaines et des dizaines de personnes que je connaissais ou pas. Depuis mon retour à Paris en Février, je continue sur ma lancée et suis d'ailleurs constamment à la recherche de modèles intéressants. Le projet est toujours d'actualité.

Musée du Quai Branly, Paris

Tu venais aussi d'avoir un nouvel appareil. Peux-tu nous en parler? Ca a été un déclic? En quoi la technique est-elle importante ou pas?


    En fait, tout a commencé il y a 5 ans, quand ma soeur est revenue d'un été en Russie, avec un vieux Zenit. Elle s'est mise à prendre des photos argentiques qui ont attiré mon attention et m'ont donné envie de m'y mettre aussi. En décembre 2010, elle m'a offert un Zenit que j'ai embarqué dans ma valise lors de mon déménagement à San Francisco, sans jamais l'avoir utilisé. Ma soeur m'a expliqué les bases un jour sur Skype. C'est à ce moment-là que ma passion pour la photographie a commencé. Depuis, j'utilise d'autres appareils. J'ai un Nikon FTN et un Seagull Moyen Format que j'utilise surtout pour les portraits. Je n'attache pas beaucoup d'importance à l'aspect technique, juste assez pour pouvoir faire des réglages manuels sans posemètre. Le reste est plutôt instinctif.

Tu voulais développer ton style autour du noir et blanc. Pourquoi ce choix?


    En matière de portraits, j'aime le noir et blanc parce qu'il permet de se concentrer sur ce qui est vraiment important, sur la personne, sur l'émotion qu'elle dégage, sur son lien avec son environnement.

 Comment ton travail a-t-il évolué depuis? Qu'est-ce qui te pousse à appuyer sur le déclencheur? Qu'est-ce qui t'inspire? As-tu des références, des modèles, des idoles en la matière?


    Au départ, quand j'ai commencé les portraits, j'y allais un peu à l'aveuglette, je ne savais pas ce que je recherchais chez les personnes que je photographiais. Depuis, avant la séance photo, j'ai une idée plus ou moins précise du résultat que je cherche à obtenir avec chaque personne, même si avec l'argentique, il y a quand même une grande part de hasard.
Beaucoup de photographes m'inspirent. J'aime beaucoup Vivian Maier, Henri Cartier-Bresson, Richard Avedon et Emmet Gowin pour leurs portraits, André Kertész pour son travail sur les ombres, Eugène Atget pour ses scènes de rue et Bernd et Hilla Becher pour leur travail systématique sur l'architecture. Il y a aussi un photographe de San Francisco, Travis Jensen, qui fait de superbes portraits de rues.
Sinon, je me promène beaucoup et je me suis rendue compte que mon oeil était souvent attiré par les mêmes choses, ce qu'on remarque assez facilement en regardant mes photos.

J'aime tes séries de portraits. Je les trouve authentique. Tu captes bien l'énergie des gens. Tu crées aussi des ambiances, comme si les personnes devenaient des paysages.


    Je m'efforce de faire ressortir une certaine vérité, une certaine vision - ou du moins ma vision - des gens que je photographie. C'est pour ça que l'environnement est important. J'aime photographier les gens dans des endroits qui leur sont familiers, chez eux, dans leur quartier. L'arrière-plan est pour moi tout aussi important que le modèle.

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Rue du Loup, Bordeaux

 Depuis quelques temps, j'ai vu défiler sur facebook des clichés de rues, en couleur cette fois. Ce basculement était nécessaire pour aborder d'autres thématiques? Tu sembles te consacrer cette fois davantage aux détails.


    Je ne me balade pas toujours avec mes appareils photo, mais j'ai toujours mon téléphone dans la poche. Il me permet de capter des instants, des lumières, des détails que je ne pourrais pas forcément photographier avec mes appareils argentiques qui ont des objectifs avec des angles étroits. Avec l'argentique, y a une part de réflexion, alors qu'avec un téléphone, on est dans le moment.

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Avenue Sainte-Foy, Neuilly sur Seine



Dernière petite question: Quelle est la photo que tu rêves de prendre?


    Il n'y en a pas qu'une!  J'aimerais beaucoup prendre des gens religieux dans leur quotidien, toutes religions confondues, qu'ils vouent leur vie à leur religion ou qu'ils soient seulement pratiquants. Il y a quelque chose qui me fascine dans la dévotion sans que je puisse vraiment me l'expliquer. Sinon, j'aimerais prendre des photos avec une dimension plus sociale. J'ai déjà quelques idées d'ailleurs.

 

Merci Charlotte! Tu es pour moi une bien jolie rencontre artistique! Et pour te découvrir encore plus on peut faire un tour sur Instagram (@ladurette) et sur ton site (http://www.charlottepicant.com/)

 

 

 

vendredi 15 août 2014

Vendredi Lecture avec Jean Diwo

En attendant de vous concocter une semaine spéciale "Versailles" avec des articles sur les différents espaces du château, je me détend un peu avec des romans bien documentés comme celui-ci...

Le 17 août 1661, au château de Vaux-Le-Vicomte, le surintendant Fouquet offre une fête éblouissante. Louis XIV est furieux. Il décide la perte de l'insolent mais cette soirée lui donne l'idée de bâtir Versailles.

Clémence, la " fontainière du Roy ", est la fille du génie des eaux de cette future merveille. Son père, François de Francine, y crée des fontaines, fait jaillir des cascades, grâce à des travaux titanesques. Il embellit ainsi les jardins dessinés par Le Nôtre. Les amis de Francine, Le Brun, Molière, Racine ou Boileau, baptisent Clémence. Elle devient " Ondine ", depuis qu'on l'a surprise se baignant quasi nue dans le bassin de Saturne. Le parc est son royaume. Elle y grandit en même temps que le fabuleux palais qui éblouira l'Europe.

Avec elle, on entre dans les coulisses de la cour, près de Louise de la Vallière, de la Montespan, de Mme de Maintenon. Séductrice, Clémence plaira à Louis XIV. Il sera son protecteur.

Et comme on est vendredi, je soutiens

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samedi 9 août 2014

La citation du jour: Fanny Ardant

"En amour, il y a un temps pour plonger, mais il faut attendre que la piscine se remplisse si l'on ne veut pas plonger dans un bain de pieds."


Fanny Ardant

 

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La piscine: Romy Schneider & Alain Delon

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vendredi 8 août 2014

Vendredi Lecture avec Cécilia Samartin

Une jolie lecture d'été débutée le weekend dernier...

Sebastian est âgé d’une dizaine années. Né avec une malformation cardiaque, il est exclu des jeux de son âge et subit à l’école les railleries de ses camarades.
Sa mère, de surcroît, se montre autoritaire et hyper protectrice. Son seul havre de réconfort, il le trouve auprès de sa grand-mère, abuela Lola, à qui il rend visite tous les soirs après la classe.
Mais, un jour, Sebastian la trouve chez elle, inanimée. Abuela Lola est alors emmenée à l’hôpital où, à son chevet, elle voit sa famille réunie pour la première fois depuis bien longtemps.
Prenant conscience que les liens entre chacun sont distendus, Lola décide d’enfreindre la promesse qu’elle avait faite à ses enfants : elle se remet à cuisiner.
Les bons plats qu’elle leur prépare – tous issus de la tradition sud-américaine – sont aussi le prétexte pour Lola d’évoquer un certain événement familial. Et ainsi de ressouder les siens…

N'oubliez pas de participer à

 

 

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jeudi 7 août 2014

La citation du jour: La Bruyère

« Toute confiance est dangereuse si elle n'est pas entière : il y a peu de conjonctures où il ne faille tout dire ou tout cacher.  »
Jean de La Bruyère
Journey in a train, Romania, Henri Cartier Bresson

mercredi 6 août 2014

La citation du jour: Edith Wharton

« Il était de son devoir, à lui, en galant homme, de cacher son passé à sa fiancée, et à celle-ci de n’en pas avoir. »

 

Edith Wharton, Le temps de l'innocence

 

Edward John Poynter, fleurs de pois de senteur.

mardi 5 août 2014

La citation du jour : Molière

« Et l'absence de ce qu'on aime, quelque peu qu'elle dure, a toujours trop duré.  »

Molière, Amphitryon

 

 

 

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dimanche 3 août 2014

Les mals partis de Sébastien Japrisot: coup de coeur de l'été

De Sébastien Japrisot j'avais lu Un long dimanche de fiançailles après avoir adoré son adaptation au cinéma par Jean Pierre Genet. Des Mal partis je sors plus bouleversée encore.

L'histoire est bien sulfureuse déjà pour un jeune écrivain de dix sept ans.

Denis Letterand, jeune homme de quatorze ans tombe fou d'amour pour Soeur Clothilde, la religieuse qu'il rencontre au chevet des blessés à qui il rend visite après la classe. Mais cette amourette se transforme en passion dévastratrice. Les sentiments sont réciproques.

Les deux amants dissimulent alors leurs rencontres aux yeux de leurs proches mais aussi de la société qui les condamne et métamophose une relation sincère et pure en péché criminel. Cela n'est pas sans rappeler un certain Abbé Mouret d'ailleurs. Des retrouvailles clandestines ont lieu à l'école, à l'hopital, sur le banc d'un parc: là où deux mains qui s'effleurent, un regard qui se croise sont déjà des gestes interdits. Mais lorsque le coeur tambourine si fort il est difficile de s'aimer à moitié, il leur faudra trouver d'autres voies, d'autres refuges.

Le talent précoce de Sébastien Japrisot lui permet de dépeindre les affres du premier amour, avec un recul sur le monde un peu cynique parfois pour "jouer au grand" mais sans jamais parvenir vraiment à s'arracher à l'exaltation, l'enthousiasme, et cette aspiration à la vérité que l'on a à  l'adolescence. On retrouve l'ambiance de l'école tenue par les jésuites, un environnement froid, austère dont l'on s'évade grâce aux blagues des copains et aux bagarres. Les ados jouent à la guerre en entretenant entre eux des rivalités d'écoliers, aussi absurdes que le conflit de la deuxième guerre mondiale qui sert de toile de fond à l'intrigue. De l'occupation on ne parle pas ou peu, seulement pour parler des difficultés de se nourrir, les tickets de rationnement ou le marché noir. On croise bien un ou deux soldats allemands de temps en temps mais cela ne fait que participer à l'ambiance si particulière du roman. Un livre sur le secret. Sur le silence. Sur le bonheur que l'on salie au nom d'une morale pudibonde.

 

Mon conseil lecture de l'été

 

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La citation du jour: Edith Wharton

"La solitude, c'est de vivre parmi tous ces gens aimables qui ne vous demandent que de dissimuler vos pensées."

 

Edith Wharton, Le temps de l'innocence

 

Henri Cartier Bresson,Le matador L.M. Dominguin et sa femme au palco de Pampelune, 1954.



Fin »