mardi 31 janvier 2012
Judith décapitant Holopherne par Artemisia Gentileschi
Après nous ête attardé hier sur l'histoire de Judith dans la bible, penchons nous aujourd'hui sur la toile effroyable et captivante, Judith décapitant Holopherne.
Analyse de la peinture
Juste avant de partir de Florence, Gentileschi peindra le premier tableau de toute une série sur le thème de Judith et Holopherne. Au XVIIe siècle, ce thème est populaire à la fois en littérature et en peinture dont Gentileschi donne une interprétation très personnelle. Dans Judith décapitant Holopherne, elle met à profit le clair-obscur que Le Caravage a mis à la mode et sa façon de resserrer l’action pour créer des images spectaculaires qui ont suscité l’admiration ou l’horreur selon l’époque. On assiste en direct à l’égorgement d’Holopherne qui se produit en tout premier plan. Dans d’autres tableaux intitulés Judith et sa servante (v. 1612, Florence, Palazzo Pitti et v 1623-1625, Détroit, Detroit Institute of Arts). Le meurtre est déjà commis. Judith et sa servante prêtent l’oreille à ce qui se passe hors de la tente. Le temps est suspendu, l’atmosphère est feutrée et la personne qui regarde a l’impression de participer à la scène.
Gentileschi choisit de placer la scène au moment le plus crucial, celui où Judith décapite Holopherne. Sa jeune servante l’aide avec vigueur en maintenant le général qui se débat et dont les traits sont déformés par la terreur. Contrairement à ce que l’on observe habituellement dans les œuvres traitant le même sujet, ni Judith ni la servante ne paraissent orgueilleuses ou triomphantes. Au contraire, elles paraissent déterminées et tendues et se concentrent sur leur tâche meurtrière. La tête d’Holopherne et les mains des femmes sont placées au centre du tableau. Quelques détails laissent présager qu’il y a eu une lutte au préalable. Gentileschi se limite à l’essentiel dans cette œuvre dont on peut noter la composition concentrique . Elle resserre le cadre de l’action – aucun des personnages n’apparaît dans sa totalité- et renonce à détailler l’arrière plan. Cette composition est dominée par l’épée au centre du tableau, symbole du crime pieux exécuté par Judith. L’intensité des clairs obscurs, la luminosité des coloris et la composition centrée, très expressive, s’inscrivent dans la tradition caravagesque. La dramatisation de la scène est accentué par l’éclairage violent des épaules d’Holopherne et des bras des femmes, au centre, et celui de la tête de Judith. Trois éléments au coloris intense se détachent du fond sombre : les manteaux des femmes, bleu pour Judith, rouge pour la servante, et le drap blanc, maculé de sang.

On peut observer qu’Artemisia Gentileschi a choisit d’accentuer l’humilité de Judith en faisant d’elle une femme pieuse telle qu’elle est dans la Bible qui use de séduction par devoir. Elle n’est parée que d’un simple bijou discret en or, symbolisant la lumière spirituelle et la perfection. Dans la Bible en effet les bijoux et les vêtements luxueux symbolisent l’orgueil et la puissance, dont les femmes de Babylone se parent à outrance. Leur port étaient formellement interdits fors des périodes de deuil : « Le peuple entendit cette parole de malheur et pris le deuil, personne ne mit ses habits de fêtes » (Exode 33, 4-6) Ceci nous rappelle qu’au début du livre Judith a dû renoncer à ses vêtements de deuil pour choisir de sauver son peuple. C’est la première action pieuse qu’elle accomplit. De même afin de montrer son chagrin, on ne montrait pas ses cheveux en période de Deuil (Samuel, 19, 25). D’ailleurs en publique les femmes devaient se couvrir les cheveux d’un voile (1 Corinthiens, 11, 41). Ainsi on défaisait les cheveux d’une femme accusée d’adultère. Les cheveux restent associés à la femme pécheresse (comme celle qui essuie les pieds du Christ que l’on retrouve dans Luc ou Jean). Les cheveux de Judith sont ici pris dans l’obscurité néanmoins il n’en demeurent pas moins une marque de séduction qui contraste avec le turban blanc de la servante. Par ailleurs le geste de la décapitation mis en valeur par la composition et le clair obscur place également Judith en tant que figure féminine héroïque: cet acte vise à tuer en coupant la tête, siège de la volonté et de l’esprit de celui qui l’on combat. L’épée renforce ce statut de Judith puisqu’ elle symbolise quant à elle la puissance active et combattante, la lumière de la connaissance triomphant de l’ignorance. Elle permet également de l’affirmer comme exécutrice de la parole et de la puissance divine. L’acte de décapiter devient alors une sorte de sacrifice pendant lequel Holopherne serait tué sur le lit _ sorte d’autel. Cet acte n’est peut être qu’une manifestation de la loi du talion que l’on trouve dans la Bible puisque cet acte sanglant n’est que le premier de la vengeance qui suivra ensuite.
A demain pour une étude du thème de la femme menacée en lien avec la vie d'Artemisia Gentileschi

lundi 30 janvier 2012
La citation du jour
"Le livre a structuré mon esprit . Il a construit mon intellect, nourri ma morale et ma sensibilité."
Jean François CHABAS, Battons nous in Lire est le propre de l'Homme

Artemisia Gentileschi ou la femme triomphante?
Une exposition sera bientôt consacrée au Musée Maillol à cette artiste hors du commun, qui a réalisé l'un des tableaux qui me fascine le plus, entre horreur et admiration: Judith décapitant Holopherne. L'occasion de revenir cette semaine sur cette oeuvre déroutante...
Judith tranchant la tête d'Holopherne a été réalisé vers 1620. Cette huile sur toile, mesurant 168x128 cm, conservé à Florence à la Gallerie des offices a pour auteur Artemisia Gentileschi. Première femme peintre de la période baroque et peintre caravagesque par excellence, Artemisia Gentileschi reprend ici un motif souvent traité par le Caravage et ses disciples, et plus particulièrement par Orazio Gentileschi (le père d'Artemisia). Adressant au spectateur un message d'une grande intensité dramatique, l'artiste met en évidence l'action sans se préoccuper de l'émotion « coup de poing » qu'elle suscite. Artemisia Gentileschi a peint une version presque semblable du même sujet huit ans plus tôt (1612-1613, museo nazionale di Capodimonte, Naples).
Elle a aussi peint vers 1625-1627 une Judith et sa servante, aujourd'hui conservée au Detroit Institute of Arts de Detroit.

Ce tableau de 1620 a été très probablement commandé par Cosme II de Médicis en personne et exécuté à Rome par Artemisia au lendemain de son séjour florentin. Conservé au palais Pitti jusqu'en 1774, il est exposé dans la galerie des Offices depuis cette date. Si aujourd'hui le nom d'Artemisia Gentileschi est associé à une œuvre, c'est bien à ce tableau, comme le souligne l'exposition qui lui a été consacrée en 2001-2002 à Rome / New York / Saint Louis.
Histoire de Judith
D'auteur inconnu, le livre Judith de l'Ancien Testament dans les versions de la Bible qui suivent la Septante se divise en deux parties sensiblement égales. Dans la première (ch. I, 7), Nabuchodonosor II, roi de Babylone, envoie son général Holopherne punir les nations occidentales qui ont refusé de se joindre à lui pour faire campagne contre les Mèdes. Holopherne marche sur eux et tous se soumettent, sauf les Israélites. C'est alors qu'un conseiller prévient Holopherne que Dieu défendra les Israélites tant qu'ils lui resteront fidèles. Mais celui-ci, méprisant l'avertissement, assiège les Israélites dans l'ancienne ville palestinienne de Béthulie, près de Jérusalem.
Dans la seconde partie (ch. III, 16), Judith (en hébreu, « Juive »), veuve pieuse et d'une grande beauté, après avoir reproché aux Israélites d'avoir perdu la foi en Dieu pendant le siège, se propose de les délivrer. Après avoir rendu courage aux gens de la ville, elle s'introduit par ruse dans le camp ennemi, prétendant avoir des renseignements contre son peuple, et charme Holopherne qui l'invite sous sa tente à un banquet au cours duquel il s'enivre et s'endort. Judith saisissant alors une épée lui tranche la tête et l'enveloppe dans un sac, puis retourne auprès de son peuple. Les Israélites en liesse attaquent alors les Assyriens, qui, privés de leur chef, s'enfuient pris de panique. À la tête du peuple, Judith entonne un cantique, puis tous rentrent à Jérusalem pour rendre grâce à Dieu
A demain pour une étude dans les détails de cette oeuvre inoubliable

dimanche 29 janvier 2012
La citation du jour
"Il faut que l'esprit soit libre, pour goûter même les plaisirs les plus abstraits."
Ann RADCLIFFE, Les mytères d'Udolphe

Exposition Samourai en croquis
Aujourd'hui, c'est le dernier jour pour visiter l'exposition samourai au Musée du Quai Branly. L'occasion de découvrir des armures plus belles les unes que les autres, des sabres, des étriers mais aussi de comprendre l'importance du vêtement dans la culture des samourais, leurs codes vestimentaires étant en quelque sorte le reflet aussi de leurs vertus comme le courage et l'honneur. Une armure de ssamourai comprend ainsi plusieurs éléments qui participent à la complexité du rite de guerre et à la carure imposante du guerrier que l'on aperçoit dès l'entrée du musée, avec les deux cavaliers sur leurs montures arnachées.
* le casque: kabuto
* le masque: mengu
* la cuirasse: do
* les protections dépaules: sode
* les brassards: kote
* la jupe: kusazuri
* la sous-jupe: haidate
* les jambières: suneate
Car ces guerriers n'étaient pas des brutes mais des hommes raffinés, l'élite intellectuelle de la société japonaise maîtrisant tout aussi bien la littérature, la poésie, la caligraphie que le combat. Ceci se traduit dans la finesse des ornements des casques ou des soieries. Certains maques par ailleurs nous feraient facilement penser par leurs faciès à ceux du carnaval. Mais ici point de farce, au contraire, un travail soigné d'artisan pour faire de chaque armure une oeuvre d'art, se parant des blasons des familles qu'ils représentaient et surtout faire de ces armures des monstres de bronze destinés à effrayer les adversaires.
Ouverture exeptionnelle ce soir jusqu'à 22h au musée du quai Branly pour voir l'exposition Samourai, armure du guerrier.
Tous mes croquis de l'exposition sont dans l'album photo à droite
(*PARIS* Croquis Musée Branly )

samedi 28 janvier 2012
La citation du jour
" De l'écriture automatique, on appelle ça , je crois. Comme un tir automatique dans toutes les directions, ra-ta-ta-ta..."
David GROSSMAN, Une femme fuyant l'annonce

vendredi 27 janvier 2012
Vendredi lecture avec L'école des loisirs
Grâce à Delphine books and more, je découvre ce petit recueil gratuit de l'école des loisirs , comme une ode à la lecture et le partage avec les plus jeunes.

N'oubliez pas de participer à


La citation du jour
"Elles ne se rendaient pas compte que son coeur était près de se briser pendant tout ce temps, oppressé par une peine que les soupirs ne pouvaient dissiper ni soulager ; et que seule la concentration permanente de toutes ses facultés de perception réussissait à l'empêcher de crier de douleur."
Elizabeth GASKELL, Nord et Sud


Une bonne épouse indienne d'Anne Chérian
Sous la pression famiale, Neel jeune médecin brlllant travaillant à San Francisco, revient en Inde pour se marier à une jeune fille choisie par les siens selon les critères de la société indienne. Mais en revenant avec sa jeune épousée aux Etats Unis, celui-ci bien loin de lui donner une place dans sa vie, lui concède tout au plus le rôle de bonne à tout faire. Cependant, Leila, est prête à se battre pour comprendre son mari et ce nouveau pays.

J'ai longtemps tardé avant de parler de ce livre, tout simplement, disons le tout de suite, parce qu'il m'a beaucoup déçue.
J'espérais y trouver une réflexion sur la société indienne, les mariages arrangés, l'emmigration, le déracinement, enfin tous ces thèmes que pouvaient susciter une histoire comme celle-là. Hélas, si la lecture a été facile, elle n'a pas non plus était passionnante. Tranquille, sans plus. Un téléfilm d'après midi pour femme esseulée, voilà à quoi ce la ressemble. Il faut dire que cette patience de la "bonne épouse" qui supporte tout sans broncher est à mille lieu du genre de personnage qui par sa combativité entraîne l'admiration. On ne sait plus vraiment si c'est de la faiblesse ou le poids de son éducation, la pression faite aux femmes pour réussir leur mariage. Cet amour qui survient apparaît un peu comme un cheveux sur la soupe et fait définitivement basculer le tout dans la mièvrerie d'une collection Arlequin.Si les contrastes entre la culture américaine et la culture indienne entrent parfois en jeu dans l'écriture, c'est souvent de façon superflue (les vêtements, la nourriture...). Cela aurait mérité d'être étoffé.
Cette lecture n'est pourtant pas désagréable mais cela manque de coffre. Bref si vous souhaitez un roman qui parle de l'Inde, je vous conseillerais d'autres titres, mais à coup sûr pas celui-ci!
Si vous cliquez ici, vous verrez apparaître sous ce billet des citations du livre
Cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge évasions tropicales

jeudi 26 janvier 2012
Le monde de Game of thrones
Le monde de Game of thrones s'articule autour de plusieurs maisons, des grandes familles ayant chacunes leurs blasons, leurs devises et des traits caractères communs souvent aussi. Ce monde est passionnant et se compose de paysages aussi variés que légendaires influents souvent sur les personnages.
Game of Throne - Opening Title
Les habitants du Nord apparaissent comme des gens aux habitudes plus rustiques, mais aussi plus loyaux et attachés aux valeurs de la famille et de l'honneur. Tandis que les manières policées des Lannister dans le Sud sont un masque d'hypocrisie et d'ambition. Dans les extrêmités du royaumes se trouvent des peuples plus sauvages: Au sud les Dothrakis, sortes de centaures en quelque sorte tellement ce peuple est attaché à ses chevaux, celui-ci changera surement un peu de visage avec l'arrivée de l'héritière du trone de la famille des Targaryen . Au nord du mur... et bien on ne sait pas vraiment mais cela à l'air effrayant et le premier épisode de la série fait froid dans le dos. Une des légendes parle de White Walkers, des créatures abominables disparues depuis de nombreuses d'années. De nombreuses guerres font rage dans ce monde dicté par la loi militaire. Autre chose encore, si chaque royaume et son histoire et ses légendes, ils ont également des dieux différents, ce qui accentue la tension entre les clans.
Si depuis quelque temps c'est Robert Barathéon qui est sur le Trone de fer situé dans la ville de Port Réal, devenue ainsi la capitale du Royaume, les complots et les conflits se font jour pour prendre sa place. De nombreux rois déchus de leurs terres après les conquêtes de Robert aidé autre fois de celui qui est devenu sa main (son premier ministre en quelque sorte) le chef du clan des Starks. Manigances et fourberies s'intensifie pour faire tomber ce duo.
Les sept royaumes du Trone de fer
Les Stark à Winterfel
à Eyrie
Les Lannister et les Baratheon à Port-Réal
Les gardes de nuit à Castle Black
Les Targaryen à Vaes Dothrak
Game Of Thrones - Teaser Trailer (HBO)
Ce billet s'inscrit dans le cadre du Challenge mondes imaginaires d'Arieste

























































