Retour en couleurs et en sensations sur une exposition bouleversante.

La première salle, plongée dans l'obscurité, annonce les tourments. L'exposition est en effet axée sur les dernières années de la vie de Vincent Van Gogh, celles qui ont donc précédé son suicide.

Ensuite, on découvre la genèse du projet Artaud avec Le suicidé de la société. Ce point de vue est intéressant. Artaud, ayant lui même été interné en psychiatrie, défend la thèse que c'est la société qui a poussé le peintre au suicide en le rejetant. Van gogh n'aurait donc pas été fou mais incompris. Artaud et Van Gogh, fous ou artistes de génie incompris, peu importe, l'essentiel est ailleurs: dans la beauté et la vision du monde qu'ils nous livrent.

La salle suivante nous fait rencontrer Van Gogh grâce à une série d'autoportraits plus poignants les uns que les autres. On découvre quelques différences pouvant nous faire déduire si la scène a eu lieu avant l'automutilation de l'oreille (bandage, tête tournée pour cacher la blessure).

 

On ressent l'influence japonisante dans les portraits où les fonds empreintent aux motifs et décors nippons. Dans d'autres toiles, c'est davantage  l'aspect dessiné des objets grâce aux contours noirs ou bleus foncés qui la rappelle, ou encore la douceur d'une lumière jaune dans un paysage.

Le mouvement pointilliste et l'ami Paul Signac ne sont  jamais très loin non plus: la touche ajoute vie et magie aux fonds et aux éléments. On ne sait plus alors très bien si la scène a lieu le jour ou la nuit. Les planètes éblouissent un ciel nocturne estival. Les corbeaux assombrisent un champ de blé.

Les arbres semblent s'envoler, tout comme les objets des natures mortes, qui ne sont pas toujours ancrés dans le réel de part l'absence d'ombre pour les fixer aux décors.

 

MAGIE PURE.

 

EMOTION.

 

Les mots me manquent pour retranscrire ici ce que j'ai ressenti en tête à tête (ou presque) avec ces toiles merveilleuses. Les couleurs ont imprimé leur sensations en moi. De quoi être troublée. C'est le genre de choc esthétique qui n'arrive que très rarement. Et pourtant les reproductions des oeuvres couvrent de papier des killomètres entiers de la planète. Rien à voir avec l'effet sensoriel de la matière que peuvent produire sur notre corps par répercussion les traces d'un pinceau enduit de pigments créant un rythme singulier, donnant vie, âme, chair à une toile.

Pendant le parcours on découvre également les dessins abracadabrants d'Artaud et une série de portraits noirs et blancs de l'artiste tourmenté.  Accrochés à côté , les clichés de l'hopital psychiatrique nous rappellent les électrochocs qu'il a subi dans divers traitements. Glaçant!

 

 

A découvrir sans hésitation ni retenue! Cette exposition du musée d'Orsay est exceptionnelle!

 

 
Visite virtuelle : Van Gogh / Artaud au Musée d...