Motion Factory c'est l'exposition en cours à la Gaité Lyrique qui va à contre courant de ce qu'on aurait pu attendre du lieu. Car au lieu de se pencher sur les films d'animation en 3D, le temple du numérique décide au contraire de s'intéresser à la créativité des courts métrages en stop motion (qui crée le mouvement image par image à l'aide d'un appareil photo). On peut penser à l'imaginaire incroyable de Gondry mais cela serait réducteur. L'exposition prend le parti de présenter la relève via un florilège de films plus surprenants ou poétiques les uns que les autres.

 

Rien de mieux qu'un petit jeu pour se mettre en jambe et démarrer la visite.  Dans la chambre sonore, c'est un jeu vidéo réalisé en stop motion qui permet au visiteur d'entrer dans l'ambiance. Plus le visiteur gagnera de vies en faisant plonger des formes géométriques colorées dans un bassin, plus le fond sonore se transformera en musique.

 

La visite se poursuit en mezzanine avec le making off de l'exposition. Car si la Gaité a pris le parti de dévoiler les coulisses des films d'animation, elle pousse cette idée plus loin en expliquant comment se passe un montage d'exposition, de la création de l'affiche aux cabanes en bois colorées qui composent la scénographie. Yves Geleyn, le commissaire, y présente son travail via la projection de films mais aussi des éléments de tournage. Première plongée dans les coulisses de l'animation via une chanson de Lilly Allen mais pas que.

 

John Lewis Christmas Advert 2013 - The Bear & The Hare

Un étage plus bas, le principe d'usine de fabrication sous forme de cabanes se décline en couleurs et est renforcé par la grande cheminée soufflant des bulles dans la scénographie. Chaque boite colorée présente deux réalisateurs, et trois films de chacun d'entre eux. Un bel arc en ciel de talents que l'on peut découvrir via des storyboards, esquisses préparatoires, décors, maquettes ou figurines.

 Les réalisateurs nous dévoilent alors leurs trucs et astuces. On se sent  privilègié. C'est un peu comme si un magicien nous révélait les ficelles de ses tours.

 Grande

 


Panique au village Ep1, le gateau 

On s'aperçoit alors de la variété des matières utilisées: tout est possible. Le papier bien sûr mais également des matières plus industrielles comme le bois ou le béton, d'autres plus proches de notre quotidien comme la laine ou le tissu. Chaque matière est connectée directement à notre épiderme et met à jour nos émotions et souvenirs par ce biais sensoriel. Si le stop motion est une technique qui ne permet pas un rendu aussi réaliste qu'une animation 3D par exemple, la matière permet a contrario dans nous ancrer dans le réel.

 

 

FEAR OF FLYING from conorfinnegan on Vimeo.

 

Enfin, la chose à ne manquer sous aucun prétexte: un passage par la petite salle! L'association kinofabrik fait découvrir les techniques d'animation aussi bien aux grands qu'aux petits qui se laisseront prendre au jeu d'être l'assistant réalisateur le temps d'un instant ou plus (tellement il est dur de s'arrêter quand on a commencé). Au fur et à mesure du temps passé dans la petite salle, le spectateur devient acteur du tournage. A la fin de l'exposition, le film produit sera ainsi un drôle de combiné de tous les talents et idées mises à contribution avec un principe de cadavre exquis. En effet, chaque semaine un réalisateur s'empare du projet et continue à faire jouer les personnages ou les fait disparaître, fait évoluer le décor à sa guise et à celles des visiteurs qui ne sont pas en reste de créativité.

Je vous laisse le soin de deviner quelles sont mes contributions à ce petit film.

 

Kino Factory - semaine 4 from La Gaîté Lyrique on Vimeo.

 

 

Et pour en savoir plus, c'est par ici