Non non. Ceci n'est pas le titre d'une telenovela mexicaine, mais le nom de la nouvelle exposition de la Fondation Louis Vuitton. Après deux accrochages un peu décevants mais une jolie création poétique de l'artiste islandais Olafur Eliasson, la FLV abat enfin ses cartes et dévoile l'étendue de son potentiel.

 

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Le point de départ

Concentrer en trois galeries les plus grands artistes de l'art moderne: pari tenu. La fondation a fait appel aux plus grands musées afin d'emprunter durant la durée de l'exposition certains de leurs chefs d'oeuvres. Gros coup de pub? Sans doute! Mais aussi le moyen de justifier auprès du public les choix faits pour l'acquisition de la collection contemporaines présentée dans les étages supérieurs autour de 4 axes, oeuvres d'art qui laissent souvent perplexes. Une exposition pédagogique donc qui explique les bouleversements majeurs en art au XXe siècle qui seront les fondements de l'art contemporain. L'occasion aussi d'avoir un contact réel avec des oeuvres maintes et maintes fois vue en carte postale ou déclinées en gadgets. Il s'agit ici de faire face aux émotions que procurent la densité d'une touche, d'une couleur, d'un format.

Première séquence: Expressionisme subjectif

Dès la première salle, la proposition est dense. Le parcours démarre avec Malévitch et une oeuvre inattendue Pressentiment complexe. L'artiste victime de l'opression représente un personnage en tenue de paysan jaune, sans visage, tenu au silence. En arrière plan sa maison rouge sans porte ni fenêtre devient la prison dans laquelle il est incarcéré en 1930. Giacometti prend la relève avec son célèbre Homme qui marche et sa silhouette fragile, mais également aussi avec deux toiles dont un portrait de Jean Genet. Pratique de peinture à laquelle on pense peu lorsque l'on parle de Giacometti, mais dans laquelle on retrouve l'obsession pour la représentation de la tête ainsi que le cadre (la cage) qui enserre le sujet.

La question du portrait est également présente dans les cinq oeuvres d'Helene Schjerfbeck qui se peint elle -même de 1915 à 1944. La déformation du visage aborde les thèmes de la vieillesse et de la mort mais aussi le propos de l'image de soi liée au miroir et l'autoportrait, sujets mis en perspective avec son statut de femme artiste.

C'est un point de vue que l'on pourrait rapprocher du Portrait de la danseuse Anita Berber par Otto dix dont le visage fardé en blanc semble avoir prématurément vieilli. La jeune femme de 26 ans est représentée avec tous les codes de la prostituée, maquillage outrancier donc mais aussi robe rouge qui dévoile ses formes.

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L'accent sur le corps est également mis sur la toile de Bacon dévoilant un homme nu ouvrant un rideau. la palette de couleur répond étrangement à celle de Giacometti sur le mur d'en face. On continue ici les liens et les échos dans l'accrochage. Le tableau suivant sera alors un prémice du tableau de Munch placé au centre de la pièce. On y retrouve la même déformation du visage par un cri de douleur ou d'horreur. 

 

Deuxième séquence: Contemplative

 Quittons vite ces  expressions du désespoirs pour aller prendre le large dans des paysages aux couleurs intenses chez Emil Nolde qui concentre son attention sur les lignes horizontales dans une densité fauve de tons, ou plus surprenant encore avec les toiles pointillistes de Mondrian. L'interet de l'exposition est sûrement la aussi, avoir entoure certaines œuvres ou périodes incontournables de l'histoire de l'art moderne par des oeuvres moins attendues. Comme le série du lac kele par Gallen KAllela. Les étendues grises d'eau miroitantes de FInlande où l'on se plaît à projeter des histoires de roi ou de dieux.

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 Et puis MOnet, l'indetronable avec deux toiles de nymphéas  serie qui inspira le jeune soldat américain Ellsworth KElly  lorsqu'il débarqua en Normandie. La maîtrise de la couleur, le jeu sur la lumière, voilà en effet les leçons quNil retiendra et qui sont autant de pistes pour le visiteur pour mieux comprendre ces oeuvres présentées en gallerie 7 de la collection (premier niveau) . si Monet s'était inspire des estampes japonaises pour le cadrage de ses peintures ainsi que pour les aménagements de son jardin (notamment avec le fameux pont) il y a aussi un je ne sais quoi d'oriental dans les paysages d'Hodler . Le trace des courbes des montagnes et des eaux des lacs suisses rappellent en effet le trait caligrachi que. Le choix des couleurs aussi qui surprend. L'une des toiles par ces tons roses évoquent un monet justement mais un TUrner aussi. De quoi rappeler aussi le nouveau rôle de peintre face a l'invention de la photographie: il ne s'agit plus de transcrire le réel mais l'ambiance lumineuse d'un instant. La fameuse "impression" dont  parlera le critique d'art à propos de Mon et et qui donnera son nom au mouvement impressioniniste. 

 

La beauté d'un paysage , le saisissement qui retient le spectateur bouche bée. Il y a quelque chose de cet ordre dans la toile de ROthko dont les lignes horizontales et la force des tons rouges fait penser a l'immensité des grand paysages américains. On bascule dans l'abstraction dans cette nouvelle salle. On y retourne MOndrian et Malevcity Dan des declinaisons graphiques noires et blanches de formes geometriques chères au suprematisme ROnd croix carre. La notion d'espace est le lien que l'on tisse avec les paysages de la salle precedente. Mais il s'agit ici de laisser la place à la pensee en tant que telle, la contemplation comme projection mentale.  CEtte idée est sans doute la mieux transmise dans l'œuvre de Brancusi la colonne sans fin qui invite le spectateur à continuer mentalement les modules de l'œuvre en les répétant a l'infini . 

 

La salle 4 est assez improbable. Sur un mur une toile de Bonnard, entourée par une sculpture et des portraits de Marie THerese  par PIcasso. Le lien? L'hedonosme . Les plaisirs de la vie et de la chair; tout un projet! Rappelons que PIcasso rentre la jeune MArie THerese âgée de 17ans près des galeries lafayette. Notre ardent espagnol est deja Marie avec olga mais qu'importe. La liaison passionnée le entre ces deux la démarre. S'ensuivra une serie d'oeuvre tres sexuelle comme la sculpture qui synthétise en une forme un visage et les attributs sexuels féminins et masculins, ou encore des portraits au lignes courbes qui mettent en calquer le corps plantureux de Marie therese.

 

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Et bonnard dans tout ça , et bien le peintre s'amuse dand sa toile l'été et fondre dans des couleurs orangées des corps de femmes nues dans un paysage de même couleurs, si bien que l'œil du spectateur met un peu de temps à les distinguer. Bon ce n'est clairement pas la meileure realisation de BOnnard mais ca a au moins le merite de donner envie d'aller jeter un petit coup d'oeil au musee d'orsay en ce moment.  

Troisieme séquence : Popiste

 Reprendre les codes du mond ublicitaire et de l'imagirerie populaire, c'est la cle du pop art. cette troisieme sequence permet de comprendre comment deja dans les annees 1920 des artistes comme FErnand Leger s'inspirait de ce monde nouveau de part la croissance de l’industrie et aussi des loisirs populaires. des ouvriers donc, en train de se balancer sur des poutres sur une toile qui fut un temps accrochee dans la cantine de l'industrie renaud, un acrobate de cirque sur l'oeuvre suivante, des femmes au corps robotisees reinvente le fameux gheme du dejeune mais cette fois dans un inteieur aux motifs colores. si elle plus difficile desavoir si c'est u eloge ou une critique de cette nouvelle vie devant certaines toiles de leger. la toile de eobert delauney ne laisse quand a elle aucun doute. son nom apparait comme un logo publicitaire ( ce qui annonce les oeuvres actuelles de bertrand lavier). l'artiste sans ciller fait son auto promo. Et au passage nous offre un paris reve, centre de la vie sportive (rugby), et des innovation et des divertissements populaires avec son bi plan, sa tour eiffel et sa grande roue. ON trouvera olus d'ironie das les toiles realisees dans le sud del France par PIcabia qui pendnat la seconde guerre mondiale reprend le collage dada de ces debuts mais cette fois en decoupant des pin up des annees 30 pour les peindres de la facon la plus realiste possible et crer des compositon plein de cliches erotiques notament. 

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Quatrième séquence: Musique

 saisir la vie au vol, c'est ce que fait le futuriste severini qui s'appuie sur la chronophotographie pour appuyer le mouvement dans ses toiles. ici il s'agit du bal tabarin ou les miquetons viennent payer des danseuses pour ouvrer la porte libres a leurs fantasmes d'extotisme. la fete avec les banderoles, les paillettes des costules avec les sequins colles directement sur la toile pour la faire scintiller, et une composition destructuree qui joue sur les ryhtmes des tourbillons des valses et polka endiablees. pn chage de musique avec kandinsky qui part une armonie de couleurs vives deposees de facon presque expressionnsite par la gestulle de l'artiste rappelle les liens entre peinture abstraite et abstraction de la musique. l'artiste tcheque kupka quand a lui figurea une fugue part deux couleurs entrelacees en arabesque, ou fera vibrer la xouleur comme des ondes sur la toile.

mais le clou du spectacle fevient indubitablemnt a marisse dont deux des toiles les plus iconiques sont installes. la danse de ses debuts qui lui a valu tant de raillerie au salon d'automne, au point de faire douter leur commanditaire, le marchand russe de textile choutchine de l'installer comme prevu chez lui, et plus emouvant sans doute la tristesse du roi qui evoque grace a la technique des papiers gouachesles trois themes les plus chers de l'artiste (la musique, ma danse, et l'orient) .

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Alors alors? On y va?

 une exposition incontournable vous l'aurez bien compris. sans doute celle a ne pas manquer en ce moment. 

On regrettera néanmoins l'absence de Cézanne. Etonnant de ne pas parler de lui quand on parle de modernité. Et peut etre aussi des surréalistes, meme si Giacometti faisait partie du clan à ses débuts.

le lien aussi entre les chefs d'oeuvres semble aussi parfois un peu tire par les cheveux mais finalement on s'en moque un peu devant tant de splendeur.